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19.04.2008
C’EST COMME ÇA
Le plus souvent, quand je marche, c’est sur du béton.
Autour de moi, il n’y a que des formes rectangulaires ; les immeubles, les portes, les pièces, mon lit, ma télé, mon agenda, ma carte bleue, mon écran d’ordinateur. Ça ne me gêne pas ; je le remarque, c’est tout.
Je travaille pour gagner de l’argent que je dépense très vite, alors je continue de travailler pour gagner de l’argent que je dépense très vite.
Les aliments que je consomme sont le plus souvent entourés de plastique ; l’eau aussi.
Dans la rue, quand je croise des gens que je connais, on se demande mutuellement comment ça va. Moi, je réponds toujours que ça va, même quand ce n’est pas vrai.
En voiture, je m’arrête toujours aux feux rouges, même s’il n’y a personne.
Pour que ma peau soit hydratée, je mets régulièrement de la crème.
Quand j’ouvre le journal, il est souvent question de catastrophes, mais ça ne m’affecte pas plus que ça.
Tous les soirs, je me couche ; tous les matins, je me réveille, et je revis tout ça, sans m’en rendre compte, jusqu’à ce que je me couche pour le lendemain revivre tout ça, sans m’en rendre compte.
Je vis comme on m’a fait.
Bien sûr de temps en temps, il m’arrive de rêver d’avoir une autre vie, mais ça ne dure jamais longtemps.
J’ai trop pris l’habitude d’avoir mes habitudes.
Un jour, je vais mourir, et ma vie sera passée comme ça, de cette manière.
Il n’y a rien à en dire, c’est comme ça.
Oui oui, c’est comme ça.
Bien à vous
Richard






Commentaires
Figurez vous que j'avais decidé de ne plus me coucher apres 23 h de la semaine... et à mi nuit passé je suis en train de lire votre blog... grrr...
pas (plus?) le temps de laisser un commentaire, juste dire que c'est drôle, non drôle n'est pas le mot, emouvant de lire ce billet apres vos differents concours hilarants.
Cela me rappelle brusquement que c'est vous l'auteur de ce José qui m'a fait pleurer il y a quelques mois.
Oui, je sais ce billet n'a rien à voir avec José...
...mais il est tard, et pas le temps d'ecrire autre chose.
pourquoi laisser un commentaire alors?
Bonne question!
Ecrit par : ecaterina | 19.04.2008
Il n'y a rien à dire mais tant à écrire...
Ecrit par : Loïs de Murphy | 19.04.2008
Au fait : http://breantf.over-blog.fr/article-18863254.html
Ecrit par : Loïs de Murphy | 19.04.2008
@Lois
merci pour le lien mais je n'ai pas le blues..:o)
il est vrai que de passer du prix poète pouet à ce genre de note peut laisser planer le doute...:o)
Ecrit par : richard | 19.04.2008
Rassurez-vous je pars toujours du principe que ce que je lis n'est jamais autobiographique, j'avais lu son blog après le vôtre et me suis dit que vous sauriez apprécier son humour.
Ecrit par : Loïs de Murphy | 19.04.2008
@Lois
pensez-vous que l'on puisse écrire sans engager sa propre sensibilité ou sa propre histoire...? n'oublions pas que l'humour est la politesse du désespoir, belle Hélène........:o)
Ecrit par : richard | 19.04.2008
Sans engager sa propre histoire oui, bien sûr, on peut raconter des histoires loin de soi, pour imaginer ou essayer de comprendre ce qui ne nous ressemble pas :o)
Sans engager sa propre sensibilité je ne pense pas, paye dans l'œil du voisin.
Ecrit par : Loïs de Murphy | 19.04.2008
@Lois
surtout que c'est l'oeil du voisin qui à ce moment là devient sensible..:o)
d'ailleurs sensible, il ne sert à rien de tendre son arc...
:o)
Ecrit par : richard | 20.04.2008
Au fait (bis repetita placent) : J'espère qu'il y a au minimum la qualité d'écriture que je peux lire dans cet article dans votre prochain bouquin ?
Ecrit par : Loïs de Murphy | 20.04.2008
@Lois
vous me direz...sortie janvier 2009...
Ecrit par : richard | 20.04.2008
La vie passe, c'est déjà bien de s'en rendre compte...
Ecrit par : Elisabeth Robert | 20.04.2008
Ah, c'est comme ça
ça plonge et ça vire
Ah, ah, faut que j'moove
Et ça gêne
quoi, quand y a pas de plaisir
C'est comme ça
Ah la la la la
Ecrit par : Paule | 20.04.2008
@Paule
j'aime quand vous chantez...:o)
@Elisabeth
oui...:o)
Ecrit par : richard | 20.04.2008
Il n'aurait pas un petit côté HSL, ce commentaire ?
Chuuutttt !!!
Bisous
Ecrit par : Evy | 20.04.2008
"pensez-vous que l'on puisse écrire sans engager sa propre sensibilité ou sa propre histoire...?"
Ecrire sans engager sa propre sensibilité, c'est comme déraciner son coeur du corps, c'est jouer la pathétique de Beethoven en dépossédant les doigts de toute substance alchimique... l'alchimie étant, sans doute, l'onde passante...
Ecrit par : françoise b | 23.04.2008
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